Gestion des risques liés aux feux incontrôlés Burntfields
Bâtir des communautés résilientes.
Les feux incontrôlés jouent un rôle crucial dans plusieurs écosystèmes, car ils éliminent le sous-bois mort et reconstituent les éléments nutritifs dans le sol. Toutefois, l’augmentation alarmante de la fréquence, de la gravité et de la portée géographique de ce type d’événement a mené à une crise liée aux feux incontrôlés, aggravée par les changements climatiques. Selon les prévisions d’un rapport des Nations Unies, les feux incontrôlés graves se multiplieront dans le monde, soit une augmentation estimée de 14 % d’ici 2030, de 30 % d’ici 2050 et de 50 % d’ici la fin du 21e siècle..
Les feux incontrôlés représentent une menace grave pour la sécurité et le bien-être des communautés, des écosystèmes et des économies. Leurs répercussions se répandent beaucoup plus loin que les zones directement touchées par les effluents de pyrolyse (gaz toxiques, fumée visible et chaleur), se déplaçant parfois sur des centaines de kilomètres.
Les administrations, les entreprises, la société civile et d’autres organisations sont confrontées à la nécessité d’assurer la protection de la sécurité personnelle et matérielle ainsi qu’à la préparation d’évacuations potentielles, en plus d’avoir à composer avec des incendies imprévisibles et destructeurs.
1. Croissance du milieu périurbain
L’expansion rapide du milieu périurbain exacerbe la crise liée aux feux incontrôlés. L’empreinte humaine, notamment les maisons, les entreprises, les écoles et les infrastructures, gruge les terrains non aménagés. Ces infrastructures deviennent des sources supplémentaires d’allumage et de matériaux inflammables.
2. Changements climatiques
Les changements climatiques amplifient la menace des incendies, car ils provoquent de plus longues périodes de sécheresse, augmentent les températures ambiantes et causent des phénomènes météorologiques extrêmes que les milieux périurbains subissent. Ces situations causent un plus grand risque de foudre et des vents plus forts, des conditions idéales pour un feu incontrôlé, ce qui accélère la propagation des incendies et rend les communautés en milieu périurbain de plus en plus vulnérables.
3. Augmentation de la disponibilité du combustible
La crise liée aux feux incontrôlés est alimentée par l’aggravation des conditions environnementales, causées en partie par un nombre accru de sécheresses dans plusieurs régions. Les environnements secs rendent les arbres et la végétation plus susceptibles de s’embraser et de brûler rapidement. Le développement immobilier dans un milieu périurbain perturbe le cycle naturel des incendies, ce qui empêche souvent l’élimination contrôlée du sous-bois. Par conséquent, le combustible est disponible en grande quantité lorsqu’un incendie de grande envergure se déclare, compliquant davantage les efforts de maîtrise de celui-ci.
Les déplacements forcés causés par un feu incontrôlé représentent d’importants défis sur le plan social et économique. La destruction des foyers et des infrastructures force les gens à évacuer et entraîne souvent la perte d’immeubles, d’effets personnels et d’articles de valeur sentimentale.
Un déplacement forcé peut également mener à une perte d’emplois, particulièrement dans les industries étroitement liées aux zones touchées, comme le tourisme, les services, l’agriculture, la foresterie et d’autres secteurs industriels touchés par la grande portée d’un feu incontrôlé. Les travailleuses et travailleurs déplacés peuvent avoir de la difficulté à se trouver d’autres possibilités d’emploi, ce qui a une incidence sur leur gagne-pain et sur l’économie en augmentant le taux de chômage.
La chaleur intense modifie la structure du sol, ce qui le rend plus propice à l’érosion, aux éboulements et aux glissements de terrain, et nuit à sa capacité de soutenir la végétation.
Les eaux de ruissellement après un incendie déplacent parfois des sédiments, de la cendre et des produits chimiques vers les plans d’eau. Ces derniers sont alors contaminés et leurs écosystèmes aquatiques, perturbés. Le ruissellement peut avoir des conséquences sur la santé de l’environnement ainsi que sur la disponibilité d’eau potable pour consommation humaine.
Un feu incontrôlé détruit les habitats, consume la végétation et perturbe les écosystèmes naturels. De nombreuses espèces de plantes et d’animaux peuvent avoir de la difficulté à se rétablir ou être confrontées à une extinction locale. La perte de biodiversité entraîne alors une cascade d’effets sur les services de l’écosystème, comme la pollinisation, la fertilité des sols et le contrôle des parasites. Cette perte peut aussi avoir des conséquences pour l’agriculture et d’autres activités humaines qui dépendent d’écosystèmes sains.
L’inhalation de fumée, qui contient de fines matières particulaires et des gaz nocifs, mène à des problèmes respiratoires, aggrave les conditions préexistantes et cause même des décès prématurés. Un feu incontrôlé qui contribue à la pollution atmosphérique mondiale cause environ 340 000 décès prématurés partout dans le monde. Une exposition prolongée à un air de mauvaise qualité peut aussi avoir des conséquences sur la santé mentale, comme une augmentation de l’anxiété et du stress, ce qui a un effet sur le bien-être général des communautés touchées.
La conséquence la plus tragique d’un incendie destructeur est la perte de vies humaines. De plus, un feu incontrôlé provoque souvent la mort d’animaux domestiques et de bétail, ce qui cause une détresse émotionnelle et des difficultés financières aux personnes et aux communautés qui dépendent de ces animaux pour leur tenir compagnie ou pour leur gagne-pain.
Constitué de plus de 48 000 kilomètres de voies ferrées et transportant des personnes et des ressources partout au pays, le réseau ferroviaire du Canada est essentiel à l’économie et au mode de vie des gens. La Direction de la sécurité ferroviaire de Transports Canada souhaitait évaluer la sensibilité de ses actifs ferroviaires en cas de feu incontrôlé.
En octobre 2022, GHD a appuyé une étude d’évaluation des risques en cas de feu incontrôlé en tenant compte des changements climatiques et du besoin d’élaborer une méthode d’évaluation pour quantifier ces risques à l’avenir. Notre travail a produit deux livrables clés :
Nous avons aussi collaboré à l’élaboration et à la mise à l’essai d’un outil de simulation d’évacuation en cas d’incendie dans un milieu périurbain pour la communauté de Roxborough, dans le Colorado, aux États-Unis. Ce projet était parrainé par le National Institute of Standards and Technology et développé en partenariat avec différentes institutions, comme la National Fire Protection Association. Une partie de la communauté a participé à l’exercice en se rendant vers un lieu de refuge désigné à une heure donnée. Nous avons consigné les heures de départ, l’itinéraire utilisé et les heures d’arrivée.
Ces informations ont ensuite servi à développer un ensemble de données de référence. L’outil de simulation a été configuré en utilisant les conditions initiales (p. ex. le nombre de personnes impliquées, les délais de réaction et la répartition des gens sur les itinéraires disponibles) et en les comparant au rendement global (p. ex. les heures d’arrivée au refuge). Cela a fourni un dossier de validation simple pour évaluer le rendement du modèle, qui a été estimé positif et sensible aux facteurs sous-jacents jugés importants pendant l’observation et à partir d’une analyse élargie.
Bâtir des communautés résilientes.
Gérer les enjeux complexes associés au climat.
Créer un environnement sain et prospère.