Transformer les ambitions de carboneutralité en mesures pour les services publics en eau

Transformer les ambitions de carboneutralité en mesures pour les services publics en eau

Auteurs et autrices : Aby Sabzwari and Jeremy Kraemer
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Les services publics en eau mondiaux visent la carboneutralité, mais les progrès sont inégaux. Un sondage révèle des écarts dans les connaissances sur les émissions, particulièrement au sujet des processus liés aux eaux usées, et souligne le changement de cap vers leur optimisation. La planification intégrée de la résilience et un cadre détaillé aide les services publics à déterminer les priorités parmi les mesures à impact élevé et transforment les ambitions en progrès concrets et itératifs.
Les services publics en eau du monde entier s’engagent à atteindre zéro émission nette, mais traduire ce souhait en mesures concrètes demeure difficile. Un sondage, mené auprès de 28 services publics en eau répartis dans six pays, souligne où des progrès sont réalisés, où il reste encore un manque à gagner et quelles mesures concrètes peuvent accélérer les résultats. Cette information éclaire l’élaboration d’une approche détaillée de pratiques exemplaires ainsi qu’un outil d’auto-évaluation qui aide les services publics à cibler leurs mesures là où les réductions d’émissions sont les plus importantes.

Le plus important en premier : comprendre les émissions

L’étude souligne que les stratégies de carboneutralité réalistes commencent par de solides bilans des émissions de gaz à effet de serre (GES). De nombreux services publics assurent un suivi de leurs émissions de portée 1 et 2, et de plus en plus de celles de portée 3, mais l’incertitude liée aux émissions produites par les processus liés aux eaux usées, comme l’oxyde nitreux (N2O) et le méthane (CH4), qui sont souvent les sources les plus importantes et les moins comprises, limite leur confiance dans la mise en œuvre de mesures d’atténuation. L’amélioration des inventaires au-delà des émissions liées à l’énergie fournit une meilleure visibilité de l’empreinte carbone réelle des services et leur permet de profiter d’occasions de réduction des émissions ayant plus d’impact.

De l’efficacité énergétique à l’optimisation des processus

L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables demeurent essentielles, mais le sondage montre une tendance vers des mesures d’atténuation fondée sur les processus. L’optimisation de l’aération, la gestion des charges d’ammoniac et l’amélioration de l’utilisation et du captage des biogaz deviennent des moyens considérables pour réduire le N₂O et le CH₄. Ces mesures sont étroitement liées au rendement des processus, ce qui crée des possibilités d’améliorations simultanées dans la stabilité opérationnelle, la sécurité et les coûts, et renforce le dossier de décision pour les mesures.

La carboneutralité doit s’aligner sur la résilience climatique

Plus de 90 % des services publics ayant répondu au sondage rapportent des répercussions actuelles ou futures liées au climat sur leurs activités. Toutefois, les mesures d’adaptation sont souvent traitées séparément de celles pour la décarbonisation. L’étude souligne l’importance d’intégrer les mesures d’adaptation et de résilience dans la planification de la carboneutralité pour harmoniser les mises à niveau des infrastructures qui visent les risques liés aux changements climatiques, en plus d’éviter les voies à fortes émissions.

De l’ambition à l’action

Le sondage révèle un secteur prêt à agir. Les services publics déploient de plus en plus d’efforts en matière de carboneutralité, s’appuyant sur leurs premières réussites pour améliorer leurs connaissances sur les émissions, en plus de jongler avec les contraintes réelles, comme les directives limitées, l’incertitude technique et les défis de capacité. Un thème qui revenait souvent n’était pas le manque de soutien ou d’ambition, mais plutôt l’incertitude liée à la suite des choses après la prise des premières mesures. Cette information souligne le besoin d’une voie claire et détaillée, qui traduit les expériences en consignes concrètes et qui aide les services publics à concentrer leurs efforts là où ils ont le plus de sens.

Outils pratiques au service du progress

Tirant de leur expérience en matière de services publics, l’auteur et l’autrice ont élaboré un Cadre des meilleures pratiques pour une stratégie de carboneutralité. Le cadre guide les services publics à travers les étapes d’évaluation, de planification, de mise en œuvre et de perfectionnement continu, appuyé par un outil d’auto-évaluation fondé sur la maturité. Ensemble, ces ressources aident les services publics à éviter d’intervenir de façon fragmentaire, à se concentrer sur les mesures ayant le plus d’impact et à s’adapter au fil de l’évolution des technologies et des connaissances.

De l’information à l’impact

La principale leçon à retenir est claire : une carboneutralité réussie provient de la création de liens et des apprentissages entre pairs, du fait de se tenir au courant de l’évolution des pratiques et de l’application d’une prise de décision étape par étape pour se concentrer sur les mesures ayant le plus d’impact, en sachant que les progrès sont itératifs et informés par l’expérience commune au fil du temps.

Pour en apprendre davantage sur cette étude, consultez l’article complet (en anglais), y compris l’outil d’auto-évaluation fondé sur la maturité, publié dans le Journal of Water Practice and Technology de l’International Water Association.

Auteurs et autrices :