Comprendre le coût réel du traitement des PFAS et de la réhabilitation des sites

Comprendre le coût réel du traitement des PFAS et de la réhabilitation des sites

Auteurs : Zhiyong Xia, Matt Polley et Kevin Harvey
Logistics center

En bref

Les organisations qui gèrent des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sont souvent confrontées à des décisions complexes en matière de traitement, de réhabilitation et de gestion des risques à long terme. Ce qui peut sembler être une portée clairement définie en début de projet peut rapidement évoluer, révélant des coûts techniques, opérationnels et logistiques qui n’étaient pas apparents au départ.

Dans de nombreux cas, le problème réside dans l’incertitude quant à l’origine des coûts, à la manière dont ces derniers s’accumulent tout au long du cycle de vie du projet et aux dépenses qui apparaissent au fil du temps. Une compréhension claire des principaux facteurs de coût, y compris les coûts cachés tout au long du cycle de vie du projet, est essentielle pour prendre des décisions éclairées et justifiables.

Une compréhension claire des principaux facteurs de coût, y compris les coûts cachés tout au long du cycle de vie du projet, est essentielle pour prendre des décisions éclairées et justifiables.

Principaux facteurs de coûts associés à la réhabilitation des sites ainsi qu’au traitement et à l’élimination des PFAS

Les coûts associés à la réhabilitation des sites ainsi qu’au traitement et à l’élimination des PFAS sont très spécifiques à chaque site et dépendent d’une combinaison de caractéristiques des contaminants, du type de matériel et des objectifs de traitement. L’un des facteurs les plus importants est le profil même des PFAS. Le type de composé (ancien, à chaîne courte ou précurseur) et les niveaux de concentration influencent directement le choix de la technologie, les attentes en matière de rendement et la complexité opérationnelle.

Les technologies de traitement, de réhabilitation de sites et d’élimination sont réparties en deux grandes catégories :

  1. La capture, comme le charbon actif granulaire (CAG), l’échange d’ions, l’osmose inverse, le fractionnement de la mousse et l’élimination en décharge.

  2. L’élimination, comme l’incinération à haute température, l’oxydation à l’eau supercritique et les nouvelles méthodes électrochimiques ou à base de plasma.

Si les technologies de capture peuvent sembler plus économiques au départ, elles transfèrent les PFAS dans un autre milieu, créant des matières résiduelles en aval qui doivent être traitées, comme le CAG usagé et le lixiviat.

Les autres facteurs de coût comprennent la composition chimique de la matrice, les co-contaminants concurrents, l’échelle du système, les besoins en énergie, les contraintes en matière d’infrastructures et les objectifs de performance. Par exemple, l’élimination des PFAS à chaîne ultra-courte nécessite souvent des systèmes plus avancés et plus énergivores, ce qui augmente les dépenses d’investissement et d’exploitation.

Comprendre les coûts cachés

Pour les décideurs et décideuses, les coûts liés aux PFAS sont rarement regroupés en un seul élément. Ils s’accumulent au fil du temps et sont liés à plusieurs grandes catégories de travail.

  • Les coûts d’études et d’essais de chantier peuvent grimper rapidement, surtout lorsque des analyses non ciblées ou réalisées à des fins juridiques sont nécessaires. Ces coûts sont souvent sous-estimés lors de la planification initiale.

  • La conception, la construction et le remplacement des systèmes, comme la transition des systèmes d’extinction d’incendie à base de mousse à formation de pellicule aqueuse (AFFF) vers des alternatives sans fluor, impliquent souvent des modifications structurelles, des mises à niveau de l’approvisionnement en eau, des incidences sur les temps d’arrêt et des mesures temporaires de protection contre les incendies. Ces coûts indirects dépassent souvent le coût du système d’élimination lui-même.

  • La gestion et l’élimination des déchets constituent un autre facteur de coût important et souvent mal compris. Les taux unitaires d’élimination ne reflètent pas à eux seuls l’ensemble de la situation. Les distances de transport, les infrastructures d’élimination limitées, la variabilité des critères d’acceptation des installations et les considérations de responsabilité à long terme sont tous des facteurs qui influencent le coût total. Bien que l’incinération soit souvent considérée comme l’option privilégiée en raison de sa capacité d’élimination, elle est coûteuse et n’est pas toujours accessible géographiquement. Les options moins dispendieuses, comme l’élimination en site d’enfouissement, présentent différents profils de risque à long terme qui nécessitent une évaluation rigoureuse.

  • La documentation, l’obtention des permis et la gestion de la responsabilité à long terme représentent des coûts cachés, mais essentiels. Une conservation rigoureuse des données, un suivi de la chaîne de possession et une documentation prête à être auditée sont des mesures de protection essentielles contre les futurs risques opérationnels, juridiques ou de réputation.

Prendre des décisions éclairées et justifiables

La gestion des PFAS n’est pas un simple exercice de coût unitaire. Il s’agit de trouver un équilibre entre les attentes en matière de performance, la tolérance au risque, les contraintes opérationnelles et le coût du cycle de vie. Les organisations qui adoptent une vision globale, en tenant compte des coûts visibles et cachés, sont mieux placées pour choisir des solutions qui soutiennent les résultats à long terme et protègent la valeur.

Dans le webinaire « Choix de traitement des PFAS : Quel est le coût réel, et quels sont les facteurs qui l’influencent? (PFAS treatment choices: What is the real cost, and what drives it?) », nos responsables des PFAS examinent de près ces facteurs de coût et expliquent pourquoi ils sont souvent difficiles à prévoir. Regardez le webinaire sur demande pour en savoir plus.

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