Parlons benzène : les conséquences pratiques de la nouvelle valeur limite d’exposition
Une réduction considérable des concentrations de benzène et de l’exposition à cet hydrocarbure promet de grands changements dans le domaine de l’hygiène industrielle. Notre équipe a abordé ce sujet lors du webinaire « Parlons benzène » (The buzz about benzene), une séance d’une heure pour discuter des modifications récentes apportées à la valeur limite d’exposition du benzène par l’American Conference of Governmental and Industrial Hygienists (ACGIH).
Le benzène est une préoccupation quotidienne dans l’industrie du pétrole et du gaz, car il est largement utilisé partout dans le monde. On le retrouve dans les diluants à peinture, le carburant, la fumée de cigarette et les volcans. Il a même été détecté dans des produits de consommation de tous les jours, comme la crème solaire et le shampooing sec, ce qui a mené au rappel de plusieurs produits. Par conséquent, faire de la sensibilisation sur les effets de l’exposition à cet hydrocarbure sur la santé humaine est un pas dans la bonne direction pour les hygiénistes industriel(le)s. C’est le sujet sur lequel une équipe de GHD s’est penchée lors du webinaire « Parlons benzène » (The buzz about benzene), une séance d’une heure pour discuter des modifications récentes apportées à la valeur limite d’exposition du benzène par l’American Conference of Governmental and Industrial Hygienists (ACGIH). Ces modifications réduisent cette valeur de 0,5 partie par million (ppm) à 0,02 ppm lors d’une journée de travail de 8 heures, en plus de retirer complètement la limite d’exposition à court terme.
Ces changements mettront plusieurs industries au défi, notamment le secteur du pétrole et du gaz. Les entreprises devront réévaluer attentivement leurs protocoles de sécurité et élaborer des stratégies afin de respecter les nouvelles normes (selon lesquelles la valeur limite d’exposition a force exécutoire), ou du moins, d’anticiper les futurs changements. La réduction de cette valeur découle de nouvelles recherches et vise à protéger les travailleurs et travailleuses tout au long de leur carrière. Même si l’exposition individuelle ne pose peut-être pas de risque par elle-même, l’objectif demeure de la minimiser. Ce virage fait partie d’une tendance plus générale visant à réduire notre exposition aux substances dangereuses. Il est donc essentiel que toutes les entreprises le comprennent et s’adaptent à l’évolution des normes.
Exigences et équipement pour l’adaptation
Les modifications récentes apportées à la valeur limite d’exposition du benzène devraient encourager les entreprises à adopter des mesures de sécurité renforcées pour protéger leur main-d’œuvre. Ces mesures comporteront notamment des procédures rigoureuses de surveillance de la qualité de l’air, l’application de contrôles techniques ainsi que la modification des cycles travail-repos et des calendriers de rotation du personnel.
Pour la surveillance de la qualité de l’air, les entreprises se fieront davantage à des appareils de lecture pouvant fournir des résultats immédiats. L’appareil Ultra RAE 3000 Plus est l’un des seuls actuellement capables de détecter des concentrations de benzène inférieures à 20 parties par milliard. D’autres instruments signalent des limites de détection équivalentes à la valeur limite d’exposition, mais pas inférieures à celle-ci. Ces outils joueront un rôle essentiel pour permettre aux entreprises de respecter la valeur limite d’exposition du benzène actualisée.
Le resserrement des contrôles techniques est aussi nécessaire. Des systèmes de ventilation pour la circulation de l’air et l’atténuation des concentrations de benzène sont vitaux. D’autres manières de réduire le niveau de benzène pourraient inclure des changements de processus, comme des systèmes de transfert en boucle fermée et de l’équipement de contrôle de la qualité de l’air.
Des contrôles administratifs, comme la modification des cycles travail-repos et la rotation des travailleurs et travailleuses, sont aussi efficaces dans la gestion de l’exposition afin que le personnel ne soit pas exposé à des concentrations de benzène qui dépassent la nouvelle valeur limite d’exposition.
L’équipement de protection individuelle (EPI), particulièrement les appareils respiratoires, est essentiel pour protéger la main-d’œuvre. Un appareil de protection respiratoire à épuration d’air qui couvre l’ensemble du visage n’offre peut-être pas une protection adéquate. Il faudra donc utiliser les appareils respiratoires à adduction d’air plus fréquemment. Malgré tout, l’EPI ne doit servir qu’en dernier recours. Il faut accorder la priorité à la mise en œuvre de contrôles techniques et administratifs pour réduire l’exposition au benzène au minimum.
Ajustement de l’échéancier
Certaines entreprises s’adaptent déjà aux futurs changements de réglementation possibles par la réduction de la limite d’exposition dans leurs politiques internes. Cette approche proactive démontre qu’elles accordent la priorité à la santé et à la sécurité de leur personnel.
Même si les nouvelles lignes directrices de l’ACGIH sur la réduction de la valeur limite d’exposition du benzène ont force exécutoire dans certaines régions, les organismes peuvent prendre un certain temps avant de les appliquer. Les règlements fédéraux des États-Unis ainsi que les politiques et procédures locales des provinces comme l’Ontario ne changeront probablement pas immédiatement. Il est toutefois important de se tenir au courant de ces changements et de s’assurer d’appliquer la bonne réglementation à chaque situation.
Il faut garder un œil sur l’évolution du paysage réglementaire. C’est pourquoi notre équipe chez GHD collabore avec les entreprises pour veiller au respect de la réglementation en matière de santé et sécurité de l’environnement. Pour en apprendre davantage sur la réduction de la valeur limite d’exposition, regardez le webinaire « Parlons benzène (The buzz about benzene) ».