Faire progresser les sciences halieutiques et la collaboration avec Sean Stuart
En bref
Sean Stuart, biologiste sénior chez GHD, a récemment été nommé président de la Section des ressources aquatiques canadiennes (Canadian Aquatic Resources Section, CARS) de l’American Fisheries Society (AFS). Ce mandat de deux ans reconnaît l’engagement de longue date de M. Stuart en faveur des sciences halieutiques, de la collaboration et des solutions pratiques qui concilient l’exécution des projets et la protection des écosystèmes aquatiques dans tout le Canada.
Riche de plus de vingt ans d’expérience en tant que biologiste de la pêche, M. Stuart a une connaissance approfondie des interactions entre les contraintes de la science, de la politique et des projets dans le monde réel. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il s’attache à renforcer les liens au sein de la communauté canadienne des pêcheries, à faire entendre la voix du Canada au sein de l’AFS et à utiliser les sciences halieutiques pour éclairer les décisions qui influencent les communautés et les infrastructures à l’échelle nationale.
Parler au nom des poissons : le rôle de la CARS et de l’AFS au Canada
Pour M. Stuart, l’objectif de la CARS et de l’AFS est de donner une voix collective au secteur des pêches ainsi qu’aux professionnels et professionnelles qui travaillent à sa protection.
« L’une des meilleures citations que j’ai entendues au sujet de l’AFS est que, en tant que spécialistes de la pêche, nous parlons au nom des poissons. Cela décrit vraiment ce que nous faisons. »
La CARS est un forum national qui rassemble des professionnelles et professionnels de la pêche issus du monde universitaire, du gouvernement, d’organisations non gouvernementales et d’entreprises privées. L’organisation crée un espace de dialogue ouvert, d’apprentissage partagé et de collaboration entre les disciplines et les régions.
La communauté des pêcheries au Canada est soutenue par un réseau de sections régionales et internationales qui couvrent l’ensemble du pays, y compris les sections côtières qui traversent la frontière entre le Canada et les États-Unis, ainsi que les sections de l’Ontario et du centre du Canada. À l’échelle nationale, la CARS aide à relier ces sections pour partager les leçons apprises et soulever les questions qui affectent les pêcheries dans tout le pays.
La biologie de la pêche en pratique
Dans son rôle quotidien de biologiste des pêches, M. Stuart travaille aux côtés des clients dès les premières étapes de la planification du projet, de la conception jusqu’à l’obtention des permis, la construction et le suivi après la construction. Son objectif est toujours le même : aider les projets à avancer tout en limitant les impacts sur l’environnement et, dans la mesure du possible, en laissant les écosystèmes en meilleur état qu’ils ne l’étaient auparavant.
M. Stuart s’intéresse particulièrement à la restauration des habitats. Lorsque les projets ont des impacts inévitables, il cherche des possibilités d’intégrer des améliorations qui équilibrent les besoins d’un projet tout en bénéficiant aux habitats des poissons et aux écosystèmes environnants.
J’aime l’idée de laisser quelque chose en meilleur état qu’avant les travaux. Lorsque cela fonctionne pour le client, la communauté et l’environnement, tout le monde y gagne. »
Les sciences halieutiques jouent un rôle essentiel dans la mise en place des infrastructures, en particulier au Canada, où la Loi sur les pêches prévoit de fortes protections pour les poissons et leur habitat. M. Stuart aide souvent ses clients à déterminer les moyens d’éviter ou de réduire les impacts dès le début du processus de conception, ce qui permet souvent d’éliminer complètement de longs processus d’obtention des permis.
Lorsque les impacts ne peuvent être évités, M. Stuart collabore avec les équipes de conception afin d’explorer des alternatives comme la construction de ponts au lieu de ponceaux ou des méthodes d’installation sans tranchée qui réduisent les perturbations. Si l’impact persiste, il se concentre sur les mesures d’amélioration et de restauration qui offrent des avantages à long terme et appuient les approbations réglementaires.
L’un de ses projets les plus mémorables a consisté à réaligner un ruisseau lors d’un projet routier afin de créer un nouvel habitat de frai pour les truites. Les résultats ont été instantanés.
« Dès la saison suivante, des truites ont frayé dans ce canal. Ce sont des moments qui restent vraiment gravés dans la mémoire. »
Écouter les communautés et valoriser les expériences vécues
La gestion de la pêche dépend de l’écoute d’un large éventail de parties prenantes, depuis les scientifiques et les organismes de réglementation jusqu’aux personnes qui utilisent les écosystèmes aquatiques et en dépendent.
« Les gens qui pêchent, chassent ou passent du temps dans la nature comprennent souvent très bien les impacts. Ils apportent des perspectives qui sont tout aussi importantes que l’éducation formelle. »
En aidant les gens à comprendre comment les petits cours d’eau soutiennent des écosystèmes plus vastes et, en fin de compte, les poissons dont ils se soucient, M. Stuart trouve que les discussions autour de la conservation deviennent plus concrètes et productives.
Des priorités de gestion axées sur la connexion et l’inclusion
En tant que président, M. Stuart se concentre à recréer l’élan et à renforcer l’engagement dans l’ensemble de l’organisation.
Deux priorités ressortent. La première consiste à revitaliser le comité politique de la CARS afin de permettre aux professionnels et professionnelles de la pêche d’apporter une contribution collective et informée sur les changements de politique et de réglementation du gouvernement. Sa deuxième priorité est le lancement d’un comité sur la diversité, l’équité et l’inclusion, une initiative discutée dans le passé, mais jamais pleinement mise en œuvre. M. Stuart précise que son rôle est d’aider à la mise en place du comité, mais que son objectif à long terme est qu’il soit autonome et représentatif de la diversité des membres.
Au-delà des comités, il s’est engagé à renforcer les liens entre le Canada et l’American Fisheries Society en général. Il espère remettre en question la perception selon laquelle l’AFS est une organisation principalement axée sur les États-Unis et insister sur le fait qu’elle représente les Amériques, de l’Arctique canadien à l’extrémité sud de l’Amérique du Sud.
Regarder l’avenir avec espoir
Dans chacun de ses rôles, M. Stuart encourage toujours une plus grande prise de conscience de l’interconnexion des écosystèmes.
« Quel que soit l’endroit où l’on se trouve, on est dans un bassin hydrographique, et ce que l’on fait sur terre finit par affecter l’habitat des poissons. Lorsque les gens établissent ce lien, ils commencent à se préoccuper davantage de la situation, et c’est là que s’amorce le véritable changement. »
Lorsqu’il envisage sa présidence au sein de la CARS, M. Stuart reste optimiste quant au pouvoir de la collaboration, de la science et de la responsabilité partagée pour protéger les ressources aquatiques du Canada pour les générations à venir.