Comment pouvons-nous surmonter les obstacles de l’innovation durable?

Comment pouvons-nous surmonter les obstacles de l’innovation durable?

Anémones de mer coralliennes rose tendre et beige sur un récif sous-marin sablonneux

Ce contenu est tiré de notre rapport (en anglais) Biomimétisme (Biomimicry) .

Malgré le potentiel du biomimétisme (la pratique qui consiste à apprendre des éléments et des conceptions de la nature et à les reproduire), plusieurs défis compliquent son intégration dans les processus technologiques, industriels et organisationnels. Surmonter ces défis exige une approche multidisciplinaire qui favorise des aspects importants, comme la collaboration et l’étude des considérations éthiques.

Malgré le potentiel du biomimétisme (la pratique qui consiste à apprendre des éléments et des conceptions de la nature et à les reproduire), plusieurs défis compliquent son intégration dans les processus technologiques, industriels et organisationnels. Surmonter ces défis exige une approche multidisciplinaire qui favorise des aspects importants, comme la collaboration et l’étude des considérations éthiques.

Découverte du plein potentiel du biomimétisme

French infographic listing five biomimicry challenges with matching recommended strategies in blue horizontal sections

1. Compréhension des systèmes complexes
Le monde naturel et sa biodiversité sont complexes et interreliés. Par exemple, une ruche d’abeilles ou une colonie de fourmis fonctionne grâce à un réseau de communication élaboré et au partage des tâches. La reproduction de ces systèmes exige une compréhension approfondie de ces interactions, ce qui prend du temps. Sans cette compréhension exhaustive de ces systèmes, les tentatives de mimétisme simplifieraient trop leur complexité, ce qui créerait des applications inefficaces.

Les outils, comme l’intelligence artificielle, la modélisation informatique et la simulation, aident à simplifier et à visualiser ces aspects complexes. Tirer profit des données obtenues de différents domaines scientifiques et techniques offre également les connaissances générales nécessaires pour comprendre le fonctionnement des systèmes dans la nature.

2. Collaboration interdisciplinaire
Le biomimétisme exige habituellement des connaissances de plusieurs domaines, notamment la biologie, l’écologie, l’ingénierie et la conception. Il faut alors faire preuve d’une collaboration interdisciplinaire efficace, ce qui peut être difficile en raison des différences en matière de terminologie, de méthodologie et de perspective.

Les organisations peuvent atténuer cette difficulté en mettant sur pied des équipes de projet composées de scientifiques, d’ingénieurs et ingénieures, de concepteurs et conceptrices ainsi que de dirigeants et dirigeantes pour favoriser la collaboration et une communication ouverte. L’utilisation de plateformes numériques de collaboration favorise aussi les conversations interdisciplinaires et les soutient.

3. Mise à l’échelle
Dans la nature, les solutions ont évolué pour donner les meilleurs outils aux organismes en fonction de leur habitat et des procédés qu’ils subissent, souvent dans des échelles géographiques distinctes et définies. Le défi survient lorsque nous appliquons ces mêmes concepts à différentes échelles.

Il est possible de surmonter ce défi en intégrant des principes de nanotechnologie et de science des matériaux, puis en menant des recherches plus poussées sur l’application des conceptions et des procédés naturels à différentes échelles. Par la mise à profit de contrôles précis et la manipulation de structures et de matériaux nanométriques, nous pouvons reproduire les caractéristiques et les fonctions extraordinaires de la nature avec une précision et une efficacité inégalées.

Cette intégration nous permet de mettre les conceptions biomimétiques à l’échelle, d’améliorer le rendement et de développer des technologies avancées pour surmonter les défis modernes et complexes dans les domaines de l’énergie, de la médecine et de la durabilité.

4. Brevetage et propriété intellectuelle
Les cadres traditionnels des droits de propriété intellectuelle ont souvent de la difficulté à s’adapter au biomimétisme. Il n’est pas facile de déterminer le propriétaire des droits des conceptions inspirées par la nature et il faut tenir compte de l’aspect éthique lié aux profits découlant de ces conceptions. De plus, breveter une conception qui reproduit un système ou un organisme naturel est difficile, puisque le bureau des brevets pourrait considérer qu’il s’agit d’une découverte au lieu d’une invention.

Pour atténuer ce problème, nous devons revoir nos systèmes de brevetage et de droits de propriété intellectuelle pour mieux nous adapter au biomimétisme. Grâce à l’obtention de brevets pour les conceptions biomimétiques et les technologies inspirées de la nature, les innovateurs et innovatrices gagnent une protection juridique et un droit exclusif à leurs inventions. Cela motive les efforts de recherche et développement, encourage les investissements et favorise une collaboration entre les scientifiques, les ingénieurs et ingénieures, et les entreprises.

La propriété intellectuelle brevetée protège les intérêts financiers des inventeurs et inventrices, et favorise le partage des connaissances, ce qui permet de diffuser les solutions biomimétiques et de stimuler davantage l’innovation.

5. Éthique et durabilité
Une question éthique se pose : jusqu’où l’être humain peut-il aller dans la manipulation des conceptions naturelles pour ses propres besoins? Même si le biomimétisme mène souvent à des pratiques plus durables, il faut absolument s’assurer que nos actions ne sont pas involontairement dommageables pour les écosystèmes desquels nous apprenons.

Il faut établir des lignes directrices éthiques et les intégrer aux pratiques de biomimétisme. Ces lignes pourraient inclure des principes de gestion responsable de l’environnement ainsi que le respect des droits des communautés locales et des peuples autochtones.

Les solutions fondées sur la nature représentent un choix facile pour moi. Pourquoi construire une cuve en béton ou un bassin pour retenir l’eau alors qu’on peut construire un milieu humide qui retiendra et traitera l’eau, fournira un habitat à la faune et offrira des possibilités de loisir pour nos communautés? Pour ces raisons, je crois que les solutions fondées sur la nature offrent une grande valeur et devraient se trouver au haut de notre liste de solutions potentielles pour la gestion de l’eau et d’autres questions climatiques dans nos zones urbaines. »
Justine Bennett, directrice technique, GHD
BiomimicryCampaign_AdobeStock_629474681.jpeg

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Découvrez l’art du biomimétisme, et comment nous nous inspirons des conceptions complexes, des mécanismes ingénieux et de l’efficacité incomparable de la nature.
Lire le rapport complet (en anglais)

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