Quand la réutilisation des résidus miniers est-elle viable sur le plan commercial?

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Pendant des décennies, les résidus miniers étaient principalement perçus comme un flux de déchets qui devaient être stockés, surveillés à long terme et gérés. Toutefois, de nombreuses sociétés minières se demandent maintenant si ces résidus offrent encore une certaine valeur. Des industries qui ont besoin de grands volumes de matières premières minérales et cherchent aussi d’autres sources d’approvisionnement.

Les installations de résidus miniers ne sont pas toutes des cas idéaux de valorisation. De nombreuses organisations commencent par regarder le prix des matières premières ou les revenus du produit. Ces facteurs sont importants, mais ne racontent habituellement pas toute l’histoire. Une évaluation plus pointilleuse étudie la ressource minière elle-même, les produits qu’il serait possible de créer, le parcours d’approbation et la valeur générale d’une réduction potentielle des stocks de résidus et des futures obligations.

L’objectif est de comprendre s’il existe réellement une possibilité. Il y aura toujours des incertitudes, mais il devrait y avoir suffisamment d’information et un sentiment adéquat de certitude pour décider si le projet mérite d’y accorder du temps, des efforts et des investissements.

Pendant des décennies, les résidus miniers étaient principalement perçus comme un flux de déchets qui devaient être stockés, surveillés à long terme et gérés. Toutefois, de nombreuses sociétés minières se demandent maintenant si ces résidus offrent encore une certaine valeur. Des industries qui ont besoin de grands volumes de matières premières minérales et cherchent aussi d’autres sources d’approvisionnement.

Quelle est la première étape?

La première étape consiste à déterminer la composition des résidus miniers. La chimie en fait partie, mais il faut aussi définir la minéralogie, la taille des particules et les variations de la matière dans l’ensemble de l’installation. Les résidus miniers déposés dans une partie de l’installation pourraient être différents de ceux déposés ailleurs. Les sections les plus vieilles pourraient présenter des sources minérales ou des conditions de traitement différentes.

Une fois cette évaluation terminée, un certain nombre de flux dominants de matières commencent habituellement à se dégager. Une certaine portion métallique pourrait encore contenir une valeur récupérable, mais les autres portions non métalliques, souvent composées de silices, d’aluminosilicates ou de carbonates, pourraient convenir à d’autres applications industrielles. Lorsque de la roche stérile est disponible et convenable, elle doit aussi être envisagée, car ses grains plus grossiers peuvent compléter des résidus miniers fins et élargir l’éventail des possibilités de réutilisation.

Il faut alors déterminer comment séparer et récupérer ces flux. L’exploitant peut ainsi évaluer chaque flux comme matière première potentielle, au lieu de matières résiduelles.

Existe-t-il un marché pour le produit?

Une matière peut avoir de la valeur, mais il doit y avoir un marché pour y vendre le produit créé. C’est l’une des principales questions à laquelle l’analyse de rentabilisation doit répondre.
Ultimement, ce sont les utilisateurs finaux potentiels qui détermineront si les produits sont viables sur le plan commercial, ce qui réitère l’importance de l’engagement en amont du marché. Lorsque les principaux flux de matières et leurs caractéristiques clés sont connus, il est possible de discuter des occasions et de définir les spécifications que tout produit doit respecter pour être utile.

Par exemple, un fabricant de béton ou un producteur de céramique ne s’intéresse pas aux résidus miniers eux-mêmes, mais plutôt à la capacité des matériaux qui en sont issus à répondre à ses exigences en matière de matières premières. Ces exigences peuvent être liées à la taille des particules, à la minéralogie, à la chimie, à la teneur en eau, à la consistance ou au volume.

Les matériaux peuvent présenter déjà de grands avantages, puisqu’ils ont déjà été extraits et traités. Toutefois, les possibilités sur le marché dépendront aussi de leur emplacement, de la logistique et de la mise à l’échelle. Les produits en vrac de faible valeur sont généralement consommés localement, tandis que des volumes plus importants peuvent justifier le recours à des filières de transformation à plus forte valeur ajoutée, permettant d’approvisionner des marchés plus éloignés.

Les exploitants de carrière et les fabricants peuvent rapidement devenir des partenaires. Ces personnes ont des connaissances plus précises et intimes des besoins de leur industrie. Elles peuvent rapidement déterminer si un matériau est prometteur.

Les matériaux peuvent-ils passer de résidus à ressources?

Avant que l’industrie puisse utiliser une portion non métallique, le propriétaire de la mine doit démontrer que celle-ci respecte les normes environnementales. Cette démonstration signifie de confirmer que les matériaux conviennent à leur utilisation prévue et ne présentent pas de risque inacceptable pour la santé humaine ou l’environnement. Selon la réglementation en vigueur et l’application, il faudra peut-être effectuer une analyse de traces, des essais de lixiviabilité et une classification environnementale.

À cette étape, il vaut la peine d’inviter les organismes de réglementation à la discussion pour qu’ils précisent les données nécessaires et la manière d’évaluer les matériaux. Selon notre expérience, cette conversation est plus constructive lorsqu’elle a lieu en même temps que, plutôt qu’après, l’évaluation technique. Remettre les exigences d’approbation à plus tard peut rapidement faire dérailler un projet prometteur.

Que faut-il envisager en plus des revenus du produit?

Une des erreurs courantes consiste à évaluer la rentabilité d’un projet de valorisation des résidus miniers uniquement en fonction des revenus générés par la vente des produits. La récupération de métaux a de la valeur, tout comme la vente de la portion non métallique comme matière première, mais ce ne sont pas les seuls éléments qui contribuent à l’analyse de rentabilisation.

La valorisation peut réduire la quantité de matériaux envoyés à une installation de stockage des résidus, ce qui peut transformer les exigences futures de stockage d’une société minière et, par le fait même, la fermeture de la mine. Ces avantages ne sont pas toujours faciles à quantifier, mais ils contribuent tout de même au résultat final d’un projet.

Il y a aussi d’autres éléments à considérer, comme les règles relatives aux redevances minières du territoire concerné. La méthode de classification des matériaux récupérés d’un organisme de réglementation définit souvent l’application de ces règles. Par exemple, un organisme de réglementation pourrait considérer un concentré métallique différemment d’un matériau non métallique qu’un fabricant transformera éventuellement en produit de construction.

Les meilleures analyses de rentabilisation évaluent habituellement l’ensemble de la situation. Les revenus sont importants, mais les retombées d’un projet se mesurent souvent aussi par la réduction des besoins futurs en stockage des résidus et des coûts de fermeture.

Quand dispose-t-on de suffisamment d’information pour prendre une décision?

Une étude de présélection initiale répond à plusieurs questions pratiques :

  • Y a-t-il une ressource qui mérite d’être développée?
  • Peut-on la séparer en flux de produits?
  • Existe-t-il un marché pour ces produits?
  • Existe-t-il une voie réaliste pour obtenir l’approbation?
  • Quels sont les avantages de réduire la dépendance aux installations de stockage des résidus et aux haldes de stériles?
  • La valeur globale justifie-t-elle d’autres investissements?

Pour une mine en exploitation avec des échantillons représentatifs et de bonnes données existantes, une étude de présélection fournit souvent ces réponses tôt dans le processus d’évaluation. À la fin de l’étude, il est possible de savoir si le projet mérite d’y investir plus de temps et d’argent.

Que se passe-t-il ensuite?

À l’exception d’une meilleure compréhension de la ressource et de la manière de la traiter, toute étude devrait aussi déterminer si l’industrie est intéressée par le produit envisagé, en plus de définir les procédures réglementaires et d’approbation.

Certaines occasions passent à la démonstration de faisabilité et poursuivent leur développement. D’autres sont mises de côté parce qu’une restriction importante a été cernée tôt dans le processus. Les deux résultats sont utiles, mais l’étude aidera à déterminer si un projet mérite de passer à la démonstration de faisabilité ou s’il est préférable de déployer ses efforts ailleurs.

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